Oui, la hausse de votre cotisation 2026 est légale. Le Parlement avait pourtant voté un gel des tarifs pour l’année 2026, mais cette disposition a été déclarée contraire à la Constitution le 23 octobre 2026. Voici l’état exact du droit, ce que votre contrat autorise, et la seule réponse qui reste réellement à votre main.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 avait interdit aux complémentaires santé d’augmenter leurs cotisations par rapport à 2025. Le Conseil constitutionnel a censuré cette interdiction le 23 octobre 2026 : elle ne s’applique plus. Aucun texte ne plafonne donc la révision tarifaire 2026 ; seul votre contrat l’encadre. Votre levier reste la résiliation à tout moment après un an d’adhésion.
Pourquoi votre cotisation augmente en 2026
Trois mouvements se cumulent cette année, et deux d’entre eux sont extérieurs à votre contrat.
La dépense de santé progresse plus vite qu’avant. La Mutualité Française, dans son communiqué du 16 décembre 2025, chiffrait cette progression à 4,4 % par an depuis 2020, soit 22 % en cinq ans, contre 1,8 % par an en moyenne entre 2013 et 2020. Une complémentaire ne peut pas s’endetter : elle doit ajuster ses cotisations à la dépense qu’elle anticipe.
L’assurance maladie obligatoire a transféré une partie de ses remboursements. La même source évalue ces transferts à 400 millions d’euros sur le champ hospitalier et 600 millions d’euros sur les indemnités journalières. Ce qui sort du périmètre de la Sécurité sociale entre dans celui de la complémentaire, donc dans son tarif.
Une contribution nouvelle pèse sur les organismes. L’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a créé, pour la seule année 2026, une contribution exceptionnelle de 2,05 % assise sur les cotisations des organismes complémentaires, applicable au 1er janvier 2026.
Taux de la contribution exceptionnelle de 2026 pesant sur les cotisations des organismes complémentaires, créée par l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Sur la base de ces éléments, la Mutualité Française annonçait en décembre 2025 une hausse moyenne de 4,3 % sur les contrats individuels et de 4,7 % sur les contrats collectifs. Ce sont des moyennes de branche, annoncées avant la censure du gel : votre propre augmentation peut être très différente, parce qu’elle dépend aussi de votre âge, de votre niveau de garanties et de la sinistralité de votre portefeuille.
Le gel des tarifs 2026 : ce qui a été voté, puis censuré
C’est le point que la plupart des articles en ligne n’ont pas encore intégré, et c’est le cœur du sujet.
Pour éviter que la contribution de 2,05 % soit répercutée sur les assurés, des amendements adoptés à l’Assemblée nationale ont ajouté au même article 13 une phrase sans ambiguïté : pour l’année 2026, le montant des cotisations d’assurance maladie complémentaire ne pouvait pas être augmenté par rapport à celui applicable en 2025. L’article prévoyait par ailleurs une négociation avant le 31 mars 2026 entre le Gouvernement, l’UNCAM et l’UNOCAM sur cette non-répercussion.
Trois organisations — un groupement d’employeurs, la Fédération nationale de la mutualité française et la fédération des assureurs — ont contesté ce gel. Le Conseil d’État a transmis deux questions prioritaires de constitutionnalité au Conseil constitutionnel les 24 et 27 juillet 2026.
Par sa décision n° 2026-1230/1231 QPC du 23 octobre 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré cette disposition contraire à la Constitution, en non-conformité totale. Son raisonnement est précis : la protection des assurés constitue bien un objectif d’intérêt général, mais un blocage des tarifs qui s’applique « quelle qu’en soit la cause » empêche les organismes de fixer des cotisations couvrant leurs charges, y compris l’évolution structurelle du coût des prestations. L’atteinte à la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle, qui découlent de l’article 4 de la Déclaration de 1789, a donc été jugée disproportionnée. La censure prend effet à compter de la publication de la décision, sans report dans le temps.
Censure du gel ne veut pas dire autorisation d’augmenter n’importe comment. Elle supprime une interdiction générale posée par la loi ; elle ne crée aucun droit nouveau pour l’organisme. La révision de votre cotisation reste encadrée par la clause de révision tarifaire de votre propre contrat et par l’information que l’organisme doit vous adresser avant l’échéance. Si une augmentation vous est notifiée en cours d’année 2026 alors que votre contrat ne prévoit une révision qu’à l’échéance annuelle, c’est le contrat qu’il faut opposer, pas la décision du Conseil constitutionnel.
Les trois fédérations concernées — Mutualité Française, France Assureurs et la fédération des institutions paritaires de protection sociale — ont indiqué le 23 octobre 2026 prendre acte d’une décision qui, selon elles, « clarifie l’état du droit » sur une disposition qu’elles jugeaient inapplicable.
Votre organisme a-t-il le droit d’augmenter votre cotisation ?
Oui, à deux conditions, et elles ne sont pas symétriques.
La première est contractuelle : la révision doit être prévue par le contrat ou le règlement mutualiste, et appliquée selon les modalités qui y figurent. En complémentaire santé individuelle, la cotisation est presque toujours révisable à l’échéance annuelle, sur la base de l’évolution des dépenses du portefeuille et, très souvent, d’un âge ou d’une tranche d’âge.
La seconde est informative : vous devez être informé de la nouvelle cotisation en temps utile pour en tirer les conséquences. C’est ce qui rend la hausse contestable sur la forme plutôt que sur le principe — une augmentation découverte sur un prélèvement, sans notification préalable, n’est pas dans les règles.
En revanche, une hausse n’est pas une sanction individuelle. Elle ne vous reproche rien, elle ne se négocie pas poste par poste, et le fait de n’avoir eu aucun remboursement dans l’année ne la rend pas irrégulière : la cotisation couvre un risque, pas une consommation.
Un adhérent de 52 ans paie 94 € par mois pour une formule à garanties moyennes. Son organisme lui notifie une hausse de 5,5 % au 1er janvier, soit 99,20 € par mois : 62 € de plus sur l’année. Il a eu, sur les deux derniers exercices, une paire de lunettes et deux détartrages. En repartant de ces dépenses réelles, il constate qu’une formule inférieure de 11 € par mois aurait remboursé la même chose à quelques euros près, parce que ses plafonds dentaires et optiques n’étaient utilisés qu’au tiers. Son économie ne vient pas de la négociation de la hausse, mais de la remise à niveau des garanties. Les chiffres de cet exemple sont illustratifs et ne constituent pas un tarif.
Que pouvez-vous faire concrètement ?
Trois réponses existent, et une seule dépend entièrement de vous.
| Réponse possible | Ce que vous obtenez | Ce qui en dépend |
|---|---|---|
| Contester le montant | Une régularisation si la hausse n’est pas conforme à la clause de révision ou si l’information préalable a manqué | Le contrat, pas la loi. Recours interne puis Médiation de l’Assurance |
| Rester et ajuster les garanties | Une baisse de cotisation à périmètre volontairement réduit | L’accord de l’organisme sur un changement de formule |
| Résilier et changer d’organisme | Une mise en concurrence complète, à garanties choisies | Vous seul, après un an d’adhésion |
La troisième voie est celle qui a réellement changé la main du consommateur. Depuis le 1er décembre 2020, un contrat de complémentaire santé individuelle peut être résilié à tout moment une fois la première année écoulée, sans frais et sans motif. La résiliation prend effet un mois après réception de votre demande, et si vous changez d’organisme, c’est le nouveau qui accomplit les formalités à votre place. Nous détaillons la procédure, ses exclusions et ses délais dans notre article sur la résiliation infra-annuelle d’une mutuelle santé.
Quatre réflexes avant de décider :
- Reprendre vos relevés de remboursement des deux dernières années, poste par poste : optique, dentaire, hospitalisation, dépassements d’honoraires.
- Repérer les plafonds que vous n’avez jamais atteints : c’est là que vous payez une garantie que vous n’utilisez pas. Notre guide des garanties et des remboursements d’une mutuelle santé explique comment convertir en euros les pourcentages d’un tableau de garanties.
- Vérifier les délais de carence du contrat envisagé, en particulier en dentaire et en optique, où ils sont fréquents.
- Ne résilier qu’après avoir obtenu l’accord écrit du nouvel organisme, pour ne pas créer de trou de couverture.
La vraie question n’est pas la hausse, c’est ce qu’elle révèle de votre contrat
Chaque année, la hausse tarifaire provoque les mêmes appels : « est-ce qu’ils ont le droit ? ». Presque toujours, oui. Et presque toujours, ce n’est pas le sujet. Ce que la hausse révèle, c’est que beaucoup d’assurés paient depuis des années des plafonds dentaires et optiques qu’ils n’utilisent pas, parce que leur contrat a été choisi à un moment de leur vie qui n’est plus le leur. Un adhérent dont les enfants ont quitté le foyer, un indépendant qui a changé de médecin traitant, un couple qui a terminé ses soins d’orthodontie : la bonne décision n’est pas de courir après deux euros d’augmentation, c’est de recalculer le contrat sur les dépenses réelles des deux dernières années. La censure du gel change le contexte, pas la méthode.
Questions fréquentes
Le gel des tarifs des mutuelles s’applique-t-il encore en 2026 ?
Non. Le gel inscrit à l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été déclaré contraire à la Constitution par la décision n° 2026-1230/1231 QPC du 23 octobre 2026. La censure s’applique à compter de la publication de la décision, sans report dans le temps. Aucune interdiction légale d’augmenter les cotisations 2026 n’est donc en vigueur.
Puis-je refuser l’augmentation et garder mon ancien tarif ?
Non. Vous ne pouvez pas conserver le tarif précédent contre l’avis de l’organisme. Ce que vous pouvez faire, c’est refuser le contrat au nouveau tarif, en le résiliant. Une complémentaire santé individuelle est résiliable à tout moment après un an d’adhésion, sans frais ni justification, avec une prise d’effet un mois après réception de la demande.
Mon employeur peut-il m’imposer une hausse sur la mutuelle d’entreprise ?
Sur un contrat collectif obligatoire, le souscripteur est l’employeur : c’est lui qui négocie le tarif et lui seul qui peut résilier le contrat. Le salarié n’a pas de droit de résiliation individuel et ne peut sortir du dispositif que dans les cas de dispense d’affiliation prévus par l’acte qui l’a mis en place. La part salariale peut donc évoluer sans que vous disposiez d’un levier individuel.
La contribution de 2,05 % est-elle reconduite en 2027 ?
La contribution créée par l’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été instituée pour la seule année 2026. Son éventuelle reconduction relèverait d’une nouvelle loi de financement, dont le contenu n’est pas acquis. Toute projection chiffrée pour 2027 relève à ce stade de la prévision d’acteurs privés, pas d’une donnée réglementaire.
À qui m’adresser si je conteste la hausse ?
D’abord au service réclamations de votre organisme, par écrit, en citant la clause de révision tarifaire de votre contrat et la date à laquelle l’information vous a été transmise. En l’absence de réponse satisfaisante, vous pouvez saisir La Médiation de l’Assurance, gratuitement. Le médiateur se prononce sur le respect du contrat, non sur le niveau du tarif lui-même.
Votre cotisation a augmenté : vos garanties le justifient-elles ?
Nous comparons les offres de nos partenaires à partir de vos dépenses de santé réelles, poste par poste, pour voir si votre niveau de garanties correspond encore à ce que vous consommez. La comparaison ne vous est pas facturée : nous sommes rémunérés par les partenaires dont nous présentons les offres.