Une seule garantie est obligatoire en assurance auto : la responsabilité civile, celle qui indemnise les autres. Tout le reste — le vol, l’incendie, les dommages à votre propre véhicule — relève d’un choix. Et ce choix ne se décide ni sur le nom de la formule ni sur le prix affiché, mais sur un rapport : ce que vaut votre voiture aujourd’hui, face à ce que vous payez chaque année pour la protéger.
Ce que contient réellement chaque formule
Les trois appellations du marché ne sont pas des catégories réglementaires. Seule la première l’est.
| Garantie | Au tiers | Intermédiaire | Tous risques |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile — dommages causés aux autres | Oui, obligatoire | Oui | Oui |
| Défense pénale et recours | Généralement incluse | Oui | Oui |
| Garantie du conducteur — vos propres blessures | Variable, souvent en option | Oui, à vérifier au plafond | Oui |
| Vol et incendie | Non | Oui | Oui |
| Bris de glace | Non | Oui | Oui |
| Catastrophes naturelles et tempête | Non | Oui | Oui |
| Dommages collision — tiers identifié | Non | Parfois | Oui |
| Dommages tous accidents — y compris si vous êtes responsable | Non | Non | Oui |
La différence décisive se trouve sur la dernière ligne. La garantie « dommages tous accidents » indemnise les dégâts subis par votre véhicule même lorsque vous êtes responsable, avec ou sans collision : c’est elle, et elle seule, qui fait un contrat « tous risques ». La garantie « dommages collision », qu’on trouve sur certaines formules intermédiaires, est beaucoup plus étroite : elle suppose un tiers identifié, et ne joue donc pas en cas de délit de fuite.
Pourquoi la responsabilité civile ne vous protège pas, vous
C’est le malentendu le plus répandu. La garantie obligatoire indemnise les victimes des dommages causés par votre véhicule : les autres véhicules, les bâtiments, les piétons, et vos propres passagers. Ne sont pas indemnisés, pour leurs dommages personnels, le conducteur responsable et plus largement la personne reconnue responsable de l’accident.
Autrement dit : au tiers, si vous provoquez l’accident, les autres sont indemnisés et vous ne l’êtes pas, ni pour votre véhicule, ni pour vos blessures si vous n’avez pas souscrit la garantie du conducteur. Vos passagers, eux, le sont — par votre propre responsabilité civile.
L’obligation elle-même ne dépend pas de l’usage : tout véhicule terrestre à moteur destiné à circuler sur la voie publique doit être assuré, même s’il ne roule pas et reste dans un garage privé. Seul un véhicule manifestement hors d’état de circuler y échappe, à charge pour le propriétaire de le démontrer.
Montant de l’amende encourue pour mise en circulation d’un véhicule non assuré, qui constitue un délit. L’infraction constatée par procès-verbal électronique, pour une personne jamais condamnée pour ce motif, peut donner lieu à une amende forfaitaire de 500 €. Source : service-public.gouv.fr, page vérifiée le 10 avril 2026.
Le critère de décision : valeur du véhicule contre surcoût annuel
Le raisonnement utile tient en trois chiffres que vous pouvez réunir en dix minutes.
- La valeur de revente actuelle de votre véhicule, pas son prix d’achat. C’est elle qui plafonne toute indemnisation en dommages, en vol et en incendie : l’assureur indemnise la valeur du véhicule au jour du sinistre, ou la valeur fixée au contrat lorsque celui-ci en prévoit une.
- Le surcoût annuel du tous risques par rapport à la formule inférieure, à garanties annexes comparables.
- La franchise applicable en dommages, qui reste à votre charge et qu’il faut déduire de l’indemnité attendue.
Le calcul réel n’est donc pas « valeur contre cotisation », mais valeur moins franchise, contre surcoût cumulé sur la durée pendant laquelle vous garderez la voiture. Et la valeur baisse chaque année pendant que le surcoût, lui, se répète.
Une citadine de dix ans vaut 4 200 € à la revente. Le passage de la formule intermédiaire au tous risques coûte 290 € de plus par an, avec une franchise de 400 € en dommages. L’indemnisation maximale espérée en cas de destruction totale par sa propre faute est donc de 3 800 €. Si le véhicule est conservé quatre ans, le surcoût cumulé atteint 1 160 €, pour une valeur qui sera tombée aux alentours de 2 500 € en fin de période. Sur ce profil, l’arbitrage se discute ; sur le même véhicule à 1 500 € de valeur, il ne se discute plus. Ces montants sont illustratifs et ne constituent pas des tarifs : seule une étude de votre situation donne les chiffres réels.
De cette mécanique, nous tirons un repère de travail — et non une règle de droit : lorsque le surcoût annuel du tous risques dépasse environ un dixième de la valeur de revente du véhicule, la garantie dommages perd l’essentiel de son intérêt économique. Ce repère reste à pondérer par une question que le calcul ne tranche pas : êtes-vous en mesure d’absorber la perte sèche du véhicule, et de le remplacer immédiatement ? Un conducteur qui a besoin de sa voiture tous les matins pour travailler, sans épargne mobilisable, a une bonne raison de rester en tous risques sur un véhicule que le calcul seul aurait fait basculer.
Trois mentions des conditions générales décident de ce que vous toucherez réellement, et aucune n’apparaît sur un comparateur de prix. La base d’indemnisation : valeur de remplacement à dire d’expert, valeur d’achat majorée pendant les premiers mois, ou valeur conventionnelle — l’écart entre ces formules atteint facilement plusieurs milliers d’euros. La franchise, qui peut être forfaitaire, proportionnelle, ou plafonnée. Les exclusions enfin : conduite sans permis valable, faute intentionnelle, conduite sous l’emprise de substances interdites, délit de fuite ou refus d’obtempérer, circulation sur une voie non autorisée. Dans ces cas, aucune garantie dommages ne joue, quel que soit le nom de la formule.
Les situations où le choix est en partie contraint
Véhicule financé en location avec option d’achat ou en crédit-bail. Vous n’en êtes pas propriétaire : le contrat de financement impose généralement une couverture dommages, et parfois une garantie « perte financière » destinée à combler l’écart entre l’indemnité de l’assureur et le capital restant dû auprès du financeur. L’arbitrage ne vous appartient alors plus entièrement.
Véhicule neuf ou récent. La décote des premières années est la plus forte, et c’est précisément la période où la valeur assurée reste élevée. Le tous risques s’y justifie presque toujours, à condition de regarder la durée pendant laquelle une base d’indemnisation favorable s’applique.
Jeune conducteur. Le surcoût du tous risques y est majoré, et la franchise souvent alourdie pendant les premières années de permis. Le bon réflexe n’est pas de renoncer par principe aux dommages, mais de comparer le couple cotisation-franchise, car une franchise doublée vide la garantie d’une partie de son effet sur un petit véhicule.
Véhicule peu utilisé. Un faible kilométrage réduit le risque d’accident mais pas celui de vol, d’incendie ni de tempête. C’est le cas typique où une formule intermédiaire bien construite rend plus de services qu’un tous risques coûteux.
Le vrai sujet n’est pas la formule, c’est la garantie du conducteur
Les discussions sur le choix entre tiers et tous risques portent presque toujours sur la tôle. Pourtant, le poste qui change une vie après un accident grave, c’est le corporel. Le conducteur responsable n’est pas indemnisé par sa responsabilité civile pour ses propres blessures : seule la garantie du conducteur intervient, et elle est souvent plafonnée bien plus bas que ce que les assurés imaginent, parfois avec un seuil d’invalidité en dessous duquel rien n’est dû. Nous voyons des contrats tous risques affichés comme protecteurs avec un plafond conducteur très faible, et des formules intermédiaires bien mieux construites sur ce point. Avant d’arbitrer sur les dommages au véhicule, lisez le plafond et le seuil d’intervention de la garantie du conducteur : c’est la ligne la plus importante du contrat, et la moins regardée.
Questions fréquentes
Le tous risques couvre-t-il vraiment tous les risques ?
Non. C’est une appellation commerciale, dont la composition varie d’un assureur à l’autre. Elle regroupe la responsabilité civile obligatoire et plusieurs garanties facultatives, au premier rang desquelles les dommages tous accidents. Elle reste soumise aux franchises, aux plafonds et aux exclusions du contrat, et certaines garanties utiles — perte financière, prêt de véhicule, contenu transporté — n’y figurent pas systématiquement.
Suis-je indemnisé si un tiers non identifié endommage ma voiture garée ?
Uniquement si vous disposez de la garantie dommages tous accidents. La garantie dommages collision, elle, suppose un tiers identifié : elle ne joue pas en cas de délit de fuite. C’est l’une des différences les plus concrètes entre une formule intermédiaire et un tous risques, et elle concerne un sinistre très fréquent en stationnement urbain.
Que se passe-t-il si mon véhicule est déclaré économiquement irréparable ?
Lorsque le coût des réparations dépasse la valeur du véhicule, l’assureur propose une indemnisation en valeur de remplacement plutôt que la réparation. Vous pouvez accepter cette offre et céder le véhicule, ou la refuser et conserver le véhicule contre une indemnité réduite, celui-ci faisant alors l’objet d’une procédure administrative avant de pouvoir éventuellement rouler à nouveau. La base de calcul retenue figure aux conditions générales : c’est le point à vérifier avant de souscrire, pas après le sinistre.
Baisser de formule fait-il perdre mon bonus ?
Non. Le coefficient de réduction-majoration est attaché au conducteur et à son historique de sinistres, pas au niveau de garanties souscrit. Passer du tous risques à une formule intermédiaire ne modifie pas votre bonus ; cela modifie seulement l’étendue de ce qui sera indemnisé.
Puis-je changer de formule en cours d’année ?
Un changement de formule chez le même assureur est un avenant au contrat : il se négocie à tout moment, sous réserve de son accord. Changer d’assureur relève en revanche des règles de résiliation du contrat, qui dépendent de son ancienneté et de sa date d’échéance. Dans les deux cas, ne laissez jamais le nouveau contrat prendre effet après la fin de l’ancien : rouler un seul jour sans assurance reste un délit.
Votre formule auto correspond-elle encore à la valeur de votre voiture ?
Nous comparons les offres de nos partenaires sur la base d’indemnisation, les franchises et le plafond de la garantie du conducteur, pas seulement sur la cotisation. La comparaison ne vous est pas facturée : nous sommes rémunérés par les partenaires dont nous présentons les offres.